Origine du projet

Genèse du projet « Rétrospective »

Les neurosciences ont montré que la « créativité » (la capacité à former des idées nouvelles) carbure avant tout aux associations d’idées, que le cerveau trie et sélectionne à tout instant. Le « génie » revenant à être capable de sélectionner des associations novatrices ou inattendues, qui créent du sens.

D’où l’interrogation à l’origine de Rétrospective : que se passe-t-il lorsque le cerveau dysfonctionne et sélectionne de mauvaises associations ? Lorsque des contradictions fondamentales (physiologiques, logiques ou morales) empêchent un tri organisé des associations d’idées et aboutissent à une prolifération anarchique et chaotique des sources d’inspiration ?

    Jack Torrance

    Dr Folamour

    Chevalier de Balibari

    Sergent-Instructeur

    Les Jumelles

    L’artiste ne risque-t-il pas de passer du mauvais côté de cette fine ligne de crête qui sépare « génie » et « folie » ?

    N’étant pas scientifique, j’ai choisi d’aborder ce sujet sous une forme allégorique.

    Et pour planter un contexte qui fasse sens, pour pénétrer dans les méandres d’un cerveau en plein dysfonctionnement créatif, quoi de mieux que l’univers riche et extrêmement varié de Stanley Kubrick, celui que Deleuze décrivait dans son ouvrage « L’image-Temps » comme le maître du « cinéma du cerveau ».

    Rétrospective est donc autant un « voyage cinéphilique » à travers l’œuvre de Kubrick qu’un « voyage en tête créative », ce que proposait indirectement le Maître dans Shining.

    Dr Folamour - film hommage Kubrick

    Un hommage à Stanley Kubrick

    Au-delà de Shining, c’est tout le cinéma de Kubrick qui est imprégné de ce questionnement sur les possibles dysfonctionnements du cerveau, lorsque les associations d’idées à la base de toute forme d’intelligence prennent une tournure anarchique et chaotique.

      Abordée dans Shining via une approche surnaturelle, cette question est aussi présente dans Orange Mécanique à travers une approche physiologico-morale et sociétale, dans 2001 l’Odyssée de l’Espace  via une approche technologico-philosophique, dans Lolita sous sa dimension hormonale, sexuelle et morale, dans Dr Folamour dans un registre militaire et politique, etc…

      D’où l’idée de ce « film-hommage » à Kubrick, cinéaste dont l’œuvre a inspiré, si ce n’est obsédé, des générations de réalisateurs, parmi lesquels bien sûr Christopher Nolan. J’ai moi-même été heurté de plein fouet par 2001 l’Odysée de l’Espace… en 2001, lorsque je l’ai vu pour la 1ère fois au cinéma en 70mm. Au point que dans chacun de mes précédents films, on peut retrouver au minimum un plan inspiré de Kubrick.

      Une pathologie que mes amis ont dénommée affectueusement « kubrickingite ».

      Un trouble psychiatrique qu’heureusement il n’est ni indispensable ni même souhaitable de traiter.

      Dans la tête de Jack Torens

      Bien sûr, le nom de mon personnage principal n’est pas innocent, établissant un lien direct avec un des sommets de la filmographie de Kubrick. Mais si Rétrospective fait directement référence à Shining, ce film interroge plus globalement le rapport entre un auteur et la « matière artistique » qui vit en lui à chaque instant et influence son travail. Parmi ces sources d’inspiration souvent très variées, on trouve bien sûr tous les personnages qui habitent un auteur, fantômes de l’esprit qui ne sont pas forcément les spectres d’un lieu hanté comme dans Shining. Comme Jacques le découvrira progressivement, un artiste est tout à fait capable de créer de lui-même ses propres fantômes.

        Chevalier de Balibari 2.0

        Comme le racontait un des invités du festival Quais du Polar, « lors de l’écriture d’un roman un auteur doit vivre au jour le jour avec les personnages qu’il a créés : il partage souvent avec eux de véritables discussions intérieures… même si parfois leur compagnie quotidienne et ininterrompue se révèle déplaisante ».

        C’est pourquoi la conclusion d’une œuvre d’art scénarisée est souvent vécue par l’artiste comme une vraie libération… surtout quand la cohabitation est aussi difficile que dans Rétrospective !

        Face à ce chaos neuronal, qui dégénère forcément à un certain point, notre « héros » cherche des réponses auprès de psychothérapeutes plutôt qu’en lui-même… et ce n’est que lorsqu’il acceptera enfin de se plonger dans le labyrinthe de son esprit qu’il trouvera une voie de sortie.

        Cédric Magnien - Réalisateur du film "Rétrospective"

        Ils sont entrés dans la tête de Jacques Torens

        Les aventuriers de l’âme perdue

        Pas de projet sans un cœur d’équipe à toute épreuve. Du premier tournage à la dernière note de musique, ils se sont investis dans Rétrospective. 

        Cédric MAGNIEN réalisateur de films

        Cédric Magnien

        Scénariste – Réalisateur - Running Man

        L’homme à tout faire, le premier qui s’est plongé dans l’esprit de Jacques.
        Pierre-Olivier Drémont -Comédien professionnel

        Pierre-Olivier Drémond

        Interprète de Jacques Torens

        Le cobaye qui a accepté d’offrir son corps à la science inexacte de la ciné-psycho-thérapie.
        Jules Baudvin Chef opérateur

        Jules Baudvin

        Chef-opérateur

        Si la caméra était un œil, elle serait le sien, toujours ouvert à bon escient. Toujours « half-wide shut ».
        Renaud Colonimos_Musicien

        Renaud Colonimos

        Concepteur musical

        Sans lui pas de musique, sans musique pas de ballet… Rétrospective est un ballet de mort, qu’il fallait endiabler.
        Claire Dufour

        Claire Dufour

        La Psy de Première

        L'univers de Kubrick m'a souvent surpris par son aspect cauchemardesque : certaines scènes d'Eyes wide shut et tout Orange mécanique, quand j'ai lu une partie du scenario de Cedric, j'ai trouvé que c'était à propos... Mais la Kubrickgite, est-ce une maladie dont on guérit? On ne sort pas indemne de ces films.